Le Collectif interviewé !

Réponses à l’interview de la Semaine : Collectif Des Droits des Femmes 65

 

– Comment est né le collectif et comment fonctionne-t-il ? Qui le dirige et combien compte-t-il de membres ?

 

Le collectif est né en 2009 de la volonté de femmes militantes syndicales , associatives et politiques, de se rencontrer et mener des réflexions et des actions sur les questions de droits des femmes, de féminisme. Notre toute première action le 6 Mars 2010 a été de rebaptiser quelques rues de Tarbes de noms de femmes célèbres, puis nous avons impulsé des rassemblements, soirées débats, soirées lectures… En Janvier 2011, nous avons d’ailleurs fait une soirée sur les violences faites aux femmes à la Bourse du Travail « Violences Physiques, Harcèlement moral,  Violence ordinaire, Après l’année de la cause nationale contre les violences, où en est-on ? Comment sortir de la résignation ? Ce n’est pas une fatalité, REAGISSONS ! » dont la thématique est furieusement actuelle !

L’animation du collectif est collégiale, l’équipe d’animation compte une dizaine de membres, militantes ou non dans des organisations ou des associations.
Vous évoquez l’inadaptation de l’accueil… quels exemples concrets pouvez-vous raconter ?

Des femmes victimes ont été reçues au commissariat dasn des bureaux dont les portes étaient ouvertes, elles ne se sont pas senties suffisamment en sécurité pour parler, elles avaient peur que quelqu’un qu’elles connaissaient ne les entendent.

D’autres ont dit avoir eu des refus pour porter plainte au motif que cela n’était pas asser « sérieux ». Certaines demandaient à poser une main courante et se sont vues répondre qu’il fallait une plainte uniquement,  sans que ne leur soit proposé un entretien, un moment d’écoute, dont elles avaient besoin à ce moment là.

Certaines ont eu le sentiment de devoir justifier les conditions de la violence reçue, comme si elles devaient démontrer qu’elles n’avaient véritablement « rien fait » pour mériter cela.

D’autres encore disent avoir été bien accueillies, avoir reçu une qualité d’écoute importante, s’être senties soutenues dans leurs démarches et entendues. Cela est donc possible. A aucun moment nous ne souhaitons jeter l’opprobe sur les fonctionnaires de police, qui font partie, nous le savons , des professions qui souffrent beaucoup au travail actuellement.
Vous avez été reçues par les élus… qu’en est-il ressorti ? Avez-vous le sentiment d’avoir été écoutées et que les choses pourraient bouger ?

Nous avons été reçues par M Glavany et Mme Dubié il y a longtemps déjà quand Mme Vallaud Belkacem était Ministre des Droits des Femmes. L’année passée, suite à notre courrier lors du 25 Novembre 2016, nous avons été reçues par M le Procureur et Mme La Préfète. Nous avons été écoutées longuement, les échanges ont été très enrichissants et oui, nous avons eu le sentiment d’être écoutées dans ce que nous dénoncions et ce que nous réclamions sur le fond. Evidemment, ni Mme le Préfète ni M le Procureur ne peuvent décider des moyens alloués au Ministère de l’Intérieur pour accompagner les forces de police dans leurs missions ou des moyens donnés à l’Education ou à la Justice pour faire de la formation des personnels.
Que réclamez-vous concrètement ? La formation de ces agents est-elle la demande principale ?

Sur les violences faites aux femmes, nos revendications sont de plusieurs ordres :

– des moyens pour l’éducation à l’égalité femmes-hommes dès la maternelle car c’est dans la perpétuation des stéréotypes que la violence se nourrit de la quasi légitimité dans laquelle elle était jusqu’à il y a peu.

– une Loi Cadre contre les violences faites aux femmes comme en Espagne avec des volets clairs et articulés sur tous les services publics jusqu’à l’arsenal juridique.

 

La formation des agents de police, des agents des services publics en général, est primordiale dans la lutte contre les violences. Quand nous parlons des forces de l’ordre, c’est qu’elles sont une ressource pour les femmes victimes, qui ont confiance en elles, confiance en la police. Leur premier pas peut se faire au commissariat et le courage qu’elles ont trouvé à le faire, si l’accueil ne les rassure pas, elles peuvent ne pas le retrouver avant longtemps. La formation initiale et continue de tous les agents, pour que 24h sur 24h ces femmes puissent recevoir un accompagnement adapté est primordiale. Nous le savons, des formations ont lieu, mais elles doivent comme dans tous les autres corps de métiers être réitérées, étendues, et obligatoires ! La spécificité des violences faites aux femmes est qu’elles ne sont pas circonscrites à un territoire, à un temps, à une catégorie sociale… elles s’exercent dans tous les milieux et à toutes les heures ! Et donc à toutes les heures aussi, il doit être possible pour les femmes d’être recues par un personnel à qui les enjeux de ce qu’elle subi ont pu été transmis.

 
D’autres manifestations sont-elles prévues pour le collectif ? Prochaines échéances ?
Sans aucun doute le 8 mars 2018 et aussi un CAFEministe en projet lors d’une soirée , puis d’autres encore ! Nous espérons aussi arriver à trouver un autre moment convivial pour débattre des enjeux actuels, débattre de féminisme et de ce qu’il change dans la vie des femmes et des hommes !

 

collectif65droitsdesfemmes@gmail.com

http://www.collectif65droitsdesfemmes.org/

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